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Les Céramiques
Général .............Applications
GENERAL
Les
céramiques sont des matériaux très
anciens, et si de façon courante, on les associe aux
produits de terre cuite connus depuis le néolithique, les
"tuiles" de la navette spatiale sont en céramique... C'est
dire si ce matériau accompagne l'histoire de
l'humanité, d'hier à demain et à
l'heure actuelle, son emploi s'avère indispensable dans
pratiquement tous les domaines de l'activité humaine. Les
céramiques techniques sont présentes dans les
secteurs nucléaires, aéronautique et spatial,
informatique et électronique, médical par
exemple. Bien connues du grand public, les céramiques dites
" traditionnelles " sont représentées par
exemple, par la porcelaine, la faïence, la poterie, ou encore
les tuiles et briques, les carreaux de sols et murs et les
céramiques sanitaires, et contribuent au confort de notre
vie quotidienne.
Par
définition, les céramiques sont des
matériaux non métalliques, non organiques, et qui
sont obtenus par l'action de fortes températures.
Les
progrès extraordinaires de la science des
matériaux ont élargi le champ des
propriétés potentiellement riches en applications
: propriétés électriques,
magnétiques, optiques,
piézoélectriques, mécaniques,
nucléaires…. et la nature des matières
premières, des oxydes et des non oxydes (carbures et
nitrures), produits de l'industrie chimique.
Si à l'origine, l'argile, silicate d'alumine
hydratée (SiO2 ALO3 H2O) constituait la matière
première fondamentale pour la fabrication des
céramiques décoratives, de carreaux, de
sanitaires et de quelques réfractaires, l'emploi de
nouvelles matières premières naturelles ou
synthétiques de type alumine frittée, silice,
composés silico-alumineux ou silico-magnésiens
(cordiérite, mullite, stéatite) a
favorisé l'essor des céramiques techniques. Les
progrès de la chimie ont élargi le choix des
atomes. Ces derniers, les alcalino-terreux, le carbone, l'azote ont
permis de développer des phases nouvelles : oxynitrure,
sialon, carbure…. utilisés dans les
céramiques de pointe. La notion de matière
première a donc beaucoup évolué. Il
s'agit de matériaux ayant subi une préparation
extrêmement complexe.
Les
poudres (oxydes, nitrures, carbures...):
grâce à de nouveaux procédés
d'élaboration, on obtient des poudres, de
granulométrie contrôlée et d'une grande
pureté chimique. Le produit final s'obtient par une mise en
forme puis traitement thermique.
Les
fibres courtes monocristallines : Des fibres
courtes (quelques fractions de millimètres) sont
dispersées dans une matrice qui peut être
organique, métallique ou céramique. Les " wiskers
" de carbure de silicium servent à la réalisation
de matériaux composites à forte
résistance mécanique.
Les
précurseurs organométalliques :
par thermolyse, certaines molécules organiques complexes
donnent naissance à des carbures ou des nitrures (SiC,
Si3N4…) utilisés notamment dans l'industrie
réfractaire pour développer un produit de haute
technicité. Enfin, l'industrie chimique a fourni aux
céramistes des molécules jouant un rôle
de liants ou de plastifiants (alcool polyvinylique,
carboxyméthylecellulose, alginate, cire…)
permettant l'accès à de nouveaux
procédés de façonnage, comme le
pressage à sec, l'injection thermoplastique, le coulage en
bande.
Ces
céramiques nouvelles s'appellent diversement
céramiques fines ou céramiques techniques. Bien
que très différentes des céramiques
traditionnelles, il s'agit bien de céramiques, car la
matière première est une poudre
minérale mise en forme pour produire l'objet, et le
traitement thermique est nécessaire pour lui donner les
caractéristiques recherchées.
Les
céramiques sont des matériaux poly-cristallins,
voire polyphasés. La microstructure, tout autant que les
propriétés intrinsèques des
constituants, conditionnent les propriétés
finales du produit. Ainsi la combinaison de grains conducteurs et de
joints isolants est essentielle pour plusieurs composants
céramiques (en électronique, par exemple).
Le
design de microstructures particulières (inclusion de
zircone, renforcement par fibre), leur confère une
contrainte à la rupture aussi élevée
que celle des métaux, tout en gardant une bien meilleure
tenue en température.
Plus
légers, ce sont des matériaux idéaux
pour l'aéronautique et le spatial. Le contrôle de
la porosité permet de fabriquer des produits aussi
variés que des membranes (environnement, agroalimentaire),
des filtres (métallurgie), des substituts à l'os
(chirurgie), d'excellents isolants thermiques
(réfractaires). Enfin, l'utilisation de poudres
nanométriques, de matériaux à
gradients de composition ouvre des perspectives très
prometteuses.
L'élaboration
de ces nouvelles céramiques a
nécessité la mise au point de nouveaux
procédés, tels que le coulage en bande, le
pressage isostatique, le moulage par injection ou par extrusion.
L'ajout de liants ou de plastifiants, de produits organiques comme les
cires, la cellulose ou les composés acryliques, a permis de
retrouver cette plasticité qui facilite beaucoup
l'opération de mise en forme.
Les
développements actuels visent à abaisser les
coûts, à augmenter la productivité, et
à limiter la complexité des
opérations. De ce point de vue, les techniques de
coagulation (sol-gel) fascinent par leur facilité de mise en
œuvre. La céramique peut encore être
élaborée sous forme de couches minces ou
épaisses, avec l'avantage de n'utiliser que de faibles
quantités d'une matière première
souvent coûteuse. Comme revêtement, elle a une
fonction de protection, par exemple contre l'usure, la corrosion et la
chaleur. Elle est encore susceptible de s'intégrer avec ses
spécificités (capteurs
électrochimiques, mémoires
ferroélectriques, électrodes
transparentes…) dans des systèmes plus complexes,
en particulier en électronique et en
micromécanique.
HAUT
APPLICATIONS
Les
céramiques techniques sont utilisées dans tous
les grands secteurs de l'activité industrielle
ELECTRONIQUE
et ELECTROTECHNIQUE.
Il s'agit de
composants passifs avec des fonctionnalités très
diverses :
-
Matériaux isolants
employés soit dans la microélectronique en tant
que substrats (circuit hybride couche épaisse ou couche
mince), module d'interconnection, boitier…, soit en tant que
gaines, bagues, bougies d'allumage….
-
Composants discrets miniaturisés
tels que les condensateurs multicouches reportés sur les
circuits sous forme de chips par des techniques de montage en surface.
-
Composants piézoélectriques
de type capteurs de pression, actionneurs et
générateurs d'ultrasons.
- Capteurs d'humidité, de
température (thermistances) et de gaz
-
Eléments chauffants
-
Céramiques magnétiques
employées dans le stockage et la lecture
magnétique, les aimants permanents, les transformateurs.
-
Résonnateurs diélectriques
pour composants hyperfréquences utilisés dans le
secteur des télécommunications.
MEDICAL
Le
secteur médical utilise les biocéramiques en
chirurgie réparatrice et dans le domaine dentaire. Deux
générations de céramiques ont
été développées. La
première, forte de son inertie chimique assurait une
innocuité vis-à-vis de l'organisme. Elle a peu
à peu évolué pour faire place
à des matériaux capables d'interagir positivement
avec les tissus environnants : ce sont les céramiques de
deuxième génération.
Première
génération : les céramiques inertes.
Tête de prothèse de hanche, ou cotyle (si la
prothèse est totale), réalisé
à base d'alumine (Al2O3). Ce matériau est
actuellement concurrencé par la zircone (ZrO2) qui
présente une tolérance biologique similaire, mais
de meilleures propriétés mécaniques.
Prothèses dentaires, réalisées
à partir de verres de silice (SiO2) et d'alumine, leur
inertie chimique et leur esthétique en font des
matériaux proches de la dent naturelle.
Deuxième
génération : les céramiques capables
de réagir positivement avec l'environnement biologique.
Des matériaux de revêtement tels que les
bioverres, sont utilisés pour leur capacité
à développer une interface parfaite avec l'os
grâce au phosphore. Le phosphate de calcium appelé
hydroxyapatite, est utilisé pour sa composition chimique
quasi identique à celle de l'os. La parfaite
intégration de ce matériau dans un environnement
osseux, justifie son utilisation comme revêtement sur les
parties métalliques des prothèses (hanches,
genoux). Des matériaux de comblement, qu'ils soient
permanents, comme les osselets de l'oreille ou des blocs poreux en
hydroxyapatite comme les prothèses oculaires, ou
résorbables tels que le phosphate tricalcique (Ca3(PO4)2) et
le carbonate de calcium (CaCO3), sous forme de corail naturel,
s'utilisent à des fins temporaires, dans l'attente d'une
reconstitution osseuse naturelle.
AERONAUTIQUE ET SPATIAL.
Dans ces
secteurs, les céramiques sont essentiellement des
matériaux à très forte valeur
ajoutée, dit thermostructuraux. La plupart de ces
céramiques sont renforcées par des fibres de
carbure de silicium, ou carbone. Ces composites à matrice
céramique ou CMC, sont des matériaux
réfractaires non fragiles, qui possèdent alors
les propriétés thermiques et la
fiabilité mécanique nécessaire pour
être opérationnels dans des conditions
extrême de température, de résistance
à des atmosphères agressives ou de conditions
d'érosion par des particules abrasives.
Volets de
tuyères
Anneaux
accroche flamme
Cône
de sortie
Eléments de turbine
Chambre de
combustion
Structures
spatiales telles que nez, bord d'attaque, bouclier thermique
ENERGIE
ET TRANSPORT.
Ces secteurs
utilisent les céramiques parce qu'elles apportent des
solutions là où les métaux et les
polymères se révèlent
inopérants. De par leurs bonnes
propriétés mécaniques à des
températures supérieures à
1200°C et leur résistance
élevée à des environnements chimiques
agressifs, des matériaux céramiques sont
employés pour la génération et la
conversion d'énergie.
Dans
l'Energie :
Eléments
chauffants pour fours à haute température
Echangeurs de chaleur
Eléments de batterie
Piles à combustible et membranes pour séparation
de gaz
Combustibles nucléaires
Dans
les Transports :
Bougies d'allumage
et bougies de préchauffage Diesel
Systèmes de fermeture centralisés
Freins (composites C/C)
Filtres à particules pour moteurs Diesel
Support de catalyseurs
Capteurs de gaz
Sondes à oxygène
Turbines pour véhicules électriques hybrides
ENVIRONNEMENT
La protection de
l'environnement est une des préoccupations majeures et un
enjeu capital pour les générations actuelles et
futures : gaz toxiques produits par l'industrie, gaz
d'échappement, pollution des eaux , retraitement des
déchets sont autant de problèmes à
résoudre. Discrètes, mais bien
présentes, les céramiques proposent
déjà de véritables solutions.
Capteurs de
détection de gaz : de nombreux
oxydes, à base de terres rares ou
d'éléments de transition, en constituent
l'élément sensible. Elaborés sous
forme de couches minces, ils peuvent être
intégrés dans des circuits hybrides. Ces capteurs
chimiques permettent de détecter des gaz polluants tels que
NOx, SO2/SO3, CO/CO2.
Catalyseurs :
depuis plusieurs années, l'industrie automobile utilise des
matériaux céramiques pour la fabrication de pots
catalytiques et plus particulièrement la
cordiérite pour les supports de catalyseurs.
Filtres
céramiques : des techniques
particulières de mise en forme des céramiques
permettent l'élaboration de matériaux
à porosité contrôlée,
utilisées pour le dépoussiérage ou
comme membranes. Sous l'effet d'un gradient de pression, elles agissent
comme de minces barrières sélectives
employées aussi bien dans l'agro-alimentaire que pour
traiter des effluents ou purifier l'eau.
Filtres
à particules pour moteurs Diesel (FAP) :
ils éliminent le rejet dans l'atmosphère de suies
provenant de la combustion du gas-oil.
Traitement des
déchets : les
céramiques ou les vitrocéramiques
représentent des solutions adéquates pour
l'inertage des déchets nucléaires. Les
déchets ménagers, après
incinération, conduisent à des
céramiques appelées " REFIOM ",
réutilisables pour produire des carreaux ou tuiles
REVÊTEMENTS
CERAMIQUES.
L'augmentation
constante des contraintes de service des matériaux
utilisés par les industries mécaniques et
électroniques, entraîne un
développement important des dépôts
céramiques. On distingue plusieurs sortes de
revêtements céramiques en fonction de leur
épaisseur, de leur procédé
d'élaboration et du type de matériaux qui en
résultent. Le dépôt par voie
sèche se décline en trois principales
catégories : la projection thermique, le
dépôt chimique en phase vapeur et le
dépôt physique en phase vapeur. Si de nouveaux
procédés se développent (laser,
sol-gel, thermolyse d'aérosol), les
procédés classiques connaissent un regain
d'intérêt (émaillage, vitrification).
Quelle que soit leur application dans les secteurs de
l'aéronautique, de l'automobile ou de la chimie, les
matériaux céramiques les plus
déposés sont les borures, les carbures, les
nitrures, les carbonitrures, les oxydes et le carbone.
La projection
thermique se caractérise
globalement par l'utilisation d'une source d'énergie
(combustion ou décharge électrique) en vue de
fondre ou d'accélérer un matériau
fragmenté (avant ou après fusion). L'optimisation
du procédé est facilitée par la mise
en œuvre d'outils de métrologie (
température, vitesse des jets de plasma et des particules en
vol) et de contrôle en ligne (distribution des trajectoires
de particules dans les plasmas et flammes, température du
substrat et du dépôt pendant le tir). Un large
éventail de revêtements protecteurs ou
fonctionnels peuvent être déposés sur
des substrats très divers, selon différents
procédés : projection plasma (barrière
thermique, dépôts anti-usure ou anti-frottement,
dépôt isolant), arc fil
(dépôt anti-corrosion, sous-couche) flamme
(alliage auto fusible, polymères), arc
transféré (superalliage base Ni, Co) sur
substrats minces.
Le
procédé CVD classique ou CVD thermique consiste
à activer de façon thermique des
réactions chimiques. Par décomposition de gaz
réactifs, on obtient des revêtements (TiB2, Si3N4)
de protection contre l'usure, le frottement, la corrosion et
l'oxydation tels que les outils de coupe, les céramiques non
oxydes poreuses (Si3N4, SiC) et les composites thermostructuraux
(C/SiC, SiC/SiC). Afin de répondre à de nouvelles
exigences industrielles (capteurs, prothèses)
nécessitant des températures de
dépôt plus basses, la diminution
d'énergie thermique peut être compensée
en ayant recours au vecteur organométallique (OMCVD) ou
à une assistance plasma (PECVD) : pour réaliser
par exemple des dépôts d'oxydes (SiO2,Al2O3) ou de
carbone amorphe hydrogéné (DLC) sur des substrats
métalliques.
L'ablation laser est
un procédé basé sur l'interaction
rayonnement/matière. Il met en jeu un laser pulsé
UV à eximètre, qui permet 2 types d'application :
dépôt de couches minces de divers
matériaux (manganite, oxydes complexes) dont les
applications se situent plutôt dans les domaines de
l'électronique et de l'optoélectronique, micro
usinage ou micro perçage par ablation de matière
sans affecter thermiquement le substrat (marquage de moules, verres
progressifs, injecteurs).
METALLURGIE
ET INDUSTRIES CERAMIQUES.
L'élaboration
des métaux et des alliages se fait à des
températures élevées,
jusqu'à 2000°C pour certains aciers
spéciaux. Les matériaux réfractaires
utilisés dans le secteur de la métallurgie sont
polyphasés et de microstructures complexes. De
façon typique, un réfractaire est
composé de particules d'oxyde assez grosses et de fines
particules de matériaux réfractaires, dont le
rôle est d'assurer la liaison inter particules lors du
frittage. Une porosité résiduelle finale de 20
à 25% augmente les propriétés
isolantes. Présentant une bonne résistance
mécanique et chimique à haute
température, ils sont utilisés soit sous forme de
briques ou pièces diverses, soit sous forme de
béton coulé en place. Ils sont
employés dans l'équipement des fours et autres
installations thermiques. Ces réfractaires ont une
durée de vie courte, et la sidérurgie consomme en
moyenne 10 kg de réfractaire pour une tonne d'acier produite.
Matériaux
de revêtement : haut fourneau,
convertisseur, répartiteur, poche de coulée
Réfractaires
résistants à la corrosion par les
métaux et les sels fondus
Barrière
anti corrosion par les gaz et les liquides
à haute température
Pièces
de forme : les métaux liquides
sont vidés dans un récipient qui leur donnera
leur forme quasi définitive.
Isolant thermique.
Jonction et soudure
verre-métal, verre-céramique, et
céramiques-céramique
Outils de coupe
Roulements,
pièces d'usure
Frottements secs
à toutes températures
DESIGN
ET HABITAT.
Ce secteur
comprend quatre grandes familles de produits : les produits sanitaires,
les carreaux de sol et de mur, la vaisselle, et les
matériaux de construction.
Céramique
sanitaire : elle se présente comme
le matériau de l'hygiène avec une production
d'appareils en vitréous ou en grès aussi bien
pour la maison que pour les hôpitaux, hôtels,
collectivités…
Matériaux
de revêtement : outre ses
qualités décoratives, le carreau
céramique est incombustible, inaltérable,
imputrescible et robuste. L'obtention de produits de haute
qualité nécessite une recherche qui porte sur les
matières premières, les
procédés de fabrication très
automatisés et la technologie.
Articles
domestiques et d'ornementation : les
progrès techniques dans ce domaine ont permis aux produits
céramiques (vaisselle) de s'adapter aux conditions d'usage
actuelles (lave-vaisselle, four à micro-ondes).
Matériaux
de construction : tuiles et briques, produits
de terre cuite, poreux naturellement colorés, ils sont
commercialisés soit bruts, émaillés ou
vernissés.
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